« Et si Samuel revenait ? | Accueil | Le Québec est une chrysalide »

28 janvier 2008

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Christian LAVIGNE

Juste une petite remarque historique et amicale. Je suis personnellement un gaulois assez ignorant de l'histoire du Québec, mais pas assez pour souscrire à la curieuse affirmation du texte de Pierre: > Pas un mot sur les habitants dudit lieu, c'est à dire les amérindiens !!! Une très brève recherche sur le Web nous donne cette liste de neuf nations: Cris, Montagnais, Mohawks, Algonquins, Attikameks, Micmacs, Hurons, Abénakis et Naska-pis. N'ont-ils "rien fait" de leurs arpents de neige ? Et que pensent-ils aujourd'hui de la colonisation française ? Après tout, ou avant tout, ce sont eux aussi les Québécois !

Christian LAVIGNE

la citation du texte de Pierre a été curieusement effacée de mon commentaire.
La revoilà: "Au Québec, lors de la colonisation, tout le territoire est défriché pour la première fois ; les « arpents de neige » arrachés de haute lutte à une nature hostile."

Pierre de La Coste

Je reponds donc aux deux commentaires de Christian en même temps.
Il a raison de parler de cette délicate question des peuples Indiens et Inuits, qui furent réellement les premiers sur cette terre du Canada. Mais leur exploitation du territoire fut radicalement différente de celle des Européens. La formule "défriché pour la première fois" ne me semble pas fausse. Défriché, cela veut dire faire reculer la forêt, ce que les européens avaient fait des siècles plus tôt en Europe. Les Indiens eux utilisaient les ressources naturelles autrement. Mais je me tais, j'aimerai que des Québécois me donnent leur point de vue, et si possible, que des reprèsentants des nations indiennes et inuit participent au débat. Cela serait précieux pour mon livre.

philippe

Bonjour

Sans vouloir parasiter ce blog, je me permets de copier-coller l'échange qui s'est noué entre des amis à moi suite à l'article du Figaro sur un sujet connexe : "la déploorable orhographe des élèves québécois". Je proposerai ma réponse dans le post suivant.
http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/02/15/01001-20080215ARTFIG00011-la-deplorable-orthographe-des-eleves-quebecois.php


Jean-Mathias sent a message in reply to a thread.
--------------------Re: La déplorable orthographe des élèves québécois
Salut à tous, Ce n'est pas de la superiorité que de dire que les québécois sont nuls en français: c'est la vérité. La critique généralement adressée ne concerne PAS la langue parlée. En effet, tout comme au Québec, nous avons aussi en France notre argot, notre verlan, et autres expressions.
Non, la critique concerne deux autres points:
- dans un premier temps l'utilisation du parlé québécois dans des contextes où il n'a pas sa place (cours universitaires, débats politiques, radio, télévision),
- dans un deuxième temps la piètre qualité des québécois en français écrit.
Dans le blog cité par Alexis, l'auteur réfute l'idée selon laquelle ce qui relie les Québécois et les Français est uniquement la langue. Il argumente qu'il y a plus car la langue permet de lire les mêmes journaux, fréquenter les mêmes universités, d'assister aux mêmes débats, et donc au bout du compte d'avoir plus en commun qu'uniquement la langue. Or, alors que les Québécois maîtrisent mal cette langue écrite, ils arriveront à un point où ils ne seront plus capables de rien avoir en commun avec nous (ni avec le reste de la Francophonie d'ailleurs).
JM


Benoît sent a message in reply to a thread.
--------------------Re: La déplorable orthographe des élèves québécois
Merci de l'envoi. S'il y a quelque chose de condescendant dans cet article, c'est peut-être le titre, qui est donné, pas par l'auteur mais le "titreur", un poste qui devrait être aboli selon moi! Je suis Québécois, et je dirai qu'il y a matière à débattre sur le sujet. J'aimerais aussi souligner la différence majeure à faire entre le français québécois normatif (qui n'est pas non plus le français métropolitain) et le joual (le parlé populaire), qui sont deux réalités distinctes. ...et j'accorderai à Jean-Mathias que le "joual" est peut-être parfois utilisé là ou un autre registre s'imposerait.
Le fait est que le contexte historique a appauvrit la langue québécoise entre 1760 et 1960 et que ce pays lutte toujours pour reprendre le douloureux retard. Avant la Conquête, ceux de France venant ici constataient un français "impeccable" (le Québec ayant même fait l'unité linguistique du français bien avant la France), alors que l'opinion était fort différente au 19e siècle. D'autres peuples colonisés, tels que les Algériens, ont vécu avec la colonisation de graves dommages à leur éducation nationale.
On n'a pu que dévaloriser en nous une langue méprisée et stigmatisée, et l'absence d'un statut politique solide et sécuritaire (et libre) empêche les Québécois, par réflexe défensif, de s'imposer la nécessaire remise en question, en cette matière comme pour bien d'autres.

philippe

Bien, je suis plutôt d'accord avec Jean-Mathias, et pas du tout avec Benoît. Avec JM, nous avons eu prof de littérature comparée extrêmement intéressant, maîtrisant bien les auteurs, mais les expliquant à des étudiants qui ne les maîtrisaient pas que "Freud, il s'en kâlissait pas mal, tsé, de la compréhension"...

La langue est la même, mais la manière dont elle est utilisée est radicalement différente. Et Benoît, à part à la radio de radio-canada, le joual est utilisé en permanence!!! Et je ne pense pas que ça soit le fait d'une oppression politico-"ethnique" par les anglos. Le Québec gère lui-même l'éducation nationale sans qu'Ottawa mette son nez dedans, et pour quel résultat?! Le français parlé tous les jours au Québec n'a pas été humilié par les fonctionnaires fédéraux dans leurs bureaux... S'il faut trouver un responsable, j'irais plutôt voir du côté de l'Église catholoique qui a gommé tout culture autre que religieuse ou paysanne. Et s'il en faut actuel : le manque d'action politique pour élever les standards. Alors courage Mme Courchènes, vous êtessur la bonne voie!

Benoît Rheault

Ami Philippe! Laisse-moi te peindre l'état dans lequel le Québec fut maintenu.

Au tournant du 20e siècle, Montréal a un taux de mortalité infantile qui se compare à Calcutta. Un enfant montréalais sur quatre meurt avant l'âge d'un an. On dit que c'est à l'époque le plus haut taux de toutes villes occidentales.

En 1962, 54 % des Québécois de 25 ans avaient un niveau d'éducation qui ne dépassait pas la 6e année de niveau primaire.

En 1967, plus de la moitié des entreprises au Québec sont possédées par des anglophones et des étrangers, et jusqu'à Sept-Îles, si on a tout un groupe de travailleurs francophones et un patron anglophone, on accroche son français à la porte et on parle anglais au travail.

En 1961, selon la Commission fédérale Laurendeau-Dunton, sur 14 groupes ethniques au Québec, les Québécois francophones, chez-eux, sont en termes de revenu les **avant-avant-derniers**! J'ai dit les avant-derniers. (voir Lévesque l'expliquer au http://www.dailymotion.com/Liberlogos/video/x4fiwv_inegalites-sociales )

Avant la Révolution tranquille, dans sa patrie, le Québécois se faisait crier la phrase raciste et matraque "Speak white!" s'il daignait parler le français en public.

Cette situation était unique en Amérique. Mais, qu'est-ce qui distinguait le Québec du reste de l'Amérique, outre la culture? Le Québec a connu conquête et oppression. Maintenant, est-ce que l'Église a joué un rôle négatif? Bien-sûr. Et d'où vient ce rôle? Avant 1837, le nationalisme québécois est libéral (classique), républicain, progressiste et laïque. La Révolution française est l'une de ses plus grandes inspirations. Il prône la séparation de l'Église et de l'État; son chef Papineau est même un descendant hugenot très peu porté sur la chose religieuse! C'est le clergé qui pactise avec les Britanniques et quand ces derniers ont décapité le "Mouvement des Patriotes" après les Rébellions de 1837-1838 et l'Acte d'Union quelques temps plus tard, ils jouent bien leur rôle de "roi-nègre" (apparence de direction locale dans une colonie alors que celle-ci sert les intérêts de la métropole).

Dans un pays où le français fut repoussé aux échelons les plus bas et plus prolétaires de la société, dans une société où la bonne qualité du français est plus un frein à l'avancement social qu'un tremplin, dans une société appauvrie à tous les niveaux, le français n'a pu grandir. Et on lutte encore pour s'en relever. Et un état où l'on est constamment sur un mode défensif ne permet pas de se remettre en question et attaquer les problèmes à la racine.

Benoît Rheault

P.S.: Quand je dis "unique en Amérique", je voudrais préciser en Amérique du Nord, et rappeller que les noirs américains et les autochtones subissaient aussi de graves injustices. Pas de malentendu!

Marc-André Gosselin

Ah ce cher Philippe. Malgré tout, tu seras toujours le bienvenu en cette Amérique, joualisée ou non!

C'est toujours délicat ces questions de langue et, plus précisément, de la "qualitée" de celle-ci. Sans vouloir tomber dans le relativisme simplet, je crois qu'il faudrait, a priori, être en mesure de délimiter une "norme universelle" de la langue française. C'est la base même de l'évaluation et de la comparaison; il faut des critères.

Je suis, personellement, plus proche de la pratique lusophone en matière d'établir les critères, c'est-à-dire avec flexibilité. Flexibilité, quoiqu'en dise certains croutons de l'Académie française, Maurice Druon en tête de liste, ne rime pas avec décadence. La flexibilité est le signe de toute langue vivante qui refuse la stagnation, qui accepte les diversités et ses beautés.

Il faut se rendre à l'évidence: ce genre de débat est stérile et contre-productif.

Le joual est toujours à dénoncé, mais le refus de la diversité linguistique au sein de la francophonie est véritablement une honte.

Et puis, je ne crois pas qu'il y est une différence énorme entre le "chu ben comme chu" et le "ça kiff trop".

RenéP.

Je crois que la première cause du déclin de la langue francaise au Québec est l'isolement de ce pays dans une mer anglophone et son éloignement de la mère - patrie, la France, qui l'a malheureusement laissé, abandonné, cédé à l'Angleterre. Pis encore, après un rapprochement du Québec avec la France depuis les années 70, voilà qu'à nouveau, la France s'associe avec le Canada (dont on dit faussement qu'il est bilingue) pour isoler le Québec encore davantage. Si les francais sont prêts à aider les québécois à s'affirmer en utilisant un niveau de langage plus orthodoxe, ils doivent se dissocier de la relation honteuse que leur président Zarcozy entretient avec la pseudo-presque-reine du Canada. Cette dame et son mari sont des gens qui étaient en faveur de l'indépendance du Québec jusqu'à ce que madame se vît offrir le rôle de représentante de la reine d'Angleterre au Canada (pays supposément indépendant). Evidemment, lorsqu'on voit le comportement de votre président, il n'est pas très étonnant qu'il s'associe avec une personne dont le comportement lui est complémentaire.

Pour revenir au déclin de la langue francaise au Québec, il faut savoir que l'anglais d'amérique n'a pas du tout la qualité de l'anglais d'Angleterre et il en est ainsi en ce qui concerne la qualité de la langue espagnole par rapport au castellano parlé en Espagne. La différence étant que le castellano est la langue la plus utilisée des amériques suivie de l'anglais, du portugais et du francais. Ceci démontre, à mon avis, un intense désir de vivre de la part du peuple québécois et il est inconcevable que La France laisse tomber le Québec pour quelque avantage que pourrait en retirer son président.

Sylvain Blais

Bonjour amis français,

Vous savez, pas grand-chose nous sépare.

La langue : Là où nous employons des Québécismes, vous employez l’Anglais.

La loi : Avantage Common Law.

La réussite : En ce pays, il est très possible d’atteindre les sommets en naissant sous de pauvres hospices.

Le climat : Avantage aux Français, cette Douce France possède tous les climats.
Au Québec, on nous parle de quatre saisons, Baliverne !
Il y en a une longue et ahurissante qui perdure pendant cinq mois, et les trois saisons suivantes, le printemps, l’automne et l’été qui se partage les sept mois restants.

Le territoire : Il faut donner l’avantage au Québec, il reste de la place en masse !
Et les grands espaces à découvrir sont légions.

Mais, il faut quand même souligner la beauté intrinsèque de la Mère Patrie,
son histoire, ses légendes, sa façon de vivre, tout porte à l’admirer.

Et c’est là, ou le bas blesse…
La vérité, c’est que la France nous a abandonnés aux mains de son pire ennemi.
Je me souviens; oui, je sais, passons.

Si aujourd’hui, nous pouvons encore converser en français entre cousins, il n’en a dépendu que de nous. Et ce qui nous lie frères de sang, outre notre langue magnifique, et nos enfantements superbes, c’est le gout de la Liberté !

Ce gêne, à n'en pas douter, est Français !
Nous vous en remercions.
Longue vie au Peuple Français !

Pierre

Merci Sylvain. Cela faisait longtemps que ce blog était endormi, vous l'avez réveillé. Tout à fait d'accord avec ce que vous avez écrit. La relation entre le Québec et la France est faite de passion et parfois de ressentiment. C'est vrai qu'on vous a abandonné! Mais combien de Français en sont conscients?
Merci de continuer à aimer la France. J'espère qu'elle vous le rend un peu.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.