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« Internet, futur vainqueur de l'élection présidentielle? (la video) | Accueil | Un pacte numérique pour la France »

mars 19, 2007

Commentaires

Pierre de La Coste

Les partis politiques ont certes bien compris l'intérèt de l'Internet comme moyen de propagande, mais ils sont moins pressés de proposer un programme politique sur les NTIC, comme il en existe sur la Défense ou l'Economie...
Notre ami Olivier Auber, chercheur et entrepreneur de l'Internet ouvre le débat avec un texte, très riche et documenté, préparé sur son wiki et publié par Libération.
En ce début de campagne officielle, je souhaite avec lui que les membres du Club de l'Hyper République, qui sont issus de tous les horizons politiques, discutent ce texte, le comparent aux propositions des candidats qu'il soutiennent, ou le complètent.
Le débat est ouvert!

Christian LAVIGNE

Les esprits éclairés, et les gens bien informés, ne peuvent que saluer la pertinence de l'article d'Olivier AUBER intitulé "Quel projet politique pour le réseau?". A une remarque près, sur laquelle je reviendrai.
Force est de constater qu'en France, après l'agitation créée par la loi DADVSI, mal préparée, mal écrite, et mal votée par nos hommes politiques illustrant pour l'occasion le fameux Principe de Peter (à l'exception d'une poignée d'élus de droite ou de gauche qui ont fait l'effort de comprendre techniquement et philosophiquement le sujet), force est donc de constater que le thème de la "société de l'information" a quasiment disparu des débats actuels, alors même que, précisément, nous devrions être amenés à choisir, lors de la prochaine élection présidentielle, entre différents "projets de société".
Or nous sommes bien loin d'entendre des discours d'une telle hauteur de vue. La question posée par Olivier AUBER n'est finalement qu'une question subsidiaire (mais de la plus haute importance) à celle plus générale de savoir "quel projet politique pour la culture et la civilisation" on nous propose. Il suffit d'écouter, à la radio ou à la télévision, les échanges entre nos compatriotes et nos candidats pour être édifiés sur le niveau global des questions et des réponses qui intéressent "monsieur tout le monde" comme le journaliste ou le "people" moyen. Chacun y va de son problème perso ou catégoriel, sans grand soucis du "bien commun" dont parle Olivier AUBER. Bref, pour résumer, celui qui roule en vélo demande quand il aura sa moto, à de potentiels futurs présidents vus comme de simples mécaniciens en chef - qui d'ailleurs serreront plus ou moins les boulons. Et nos candidats de se prêter au jeu, avec une complaisance définitivement navrante pour ceux qui se font une autre idée du rôle d'un chef d'état.
Le problème de l'Internet, de la création et de la diffusion des technologies et des contenus, a ceci de remarquable qu'il oblige à recentrer notre réflexion sur les enjeux de civilisation. Comment s'étonner alors que ceux qui nous gouvernent ou nous gouverneront évitent soigneusement le sujet ? Mis à part les extrémistes aux idées totalitaires et simplistes, nos politiques ont-ils un vrai programme culturel à suggérer, au sens large et anthropologique du terme ? Ont-il une vision de l'avenir qui dépasse deux ou trois mandats électoraux ? Sur ce point les écologistes, qui posent eux aussi des questions fondamentales, ont su les obliger à se déterminer – ou du moins à en donner l'illusion. Il appartient sans doute à la "société civile" des internautes,des auteurs, et des informaticiens, de se manifester avec plus de virulence pour enfin se faire entendre. Le sage en sa rêverie se demande en quel siècle finiront ces rapports de force perpétuels, quand l'humanité cessera d'être une cour de récré ou chacun essaye de piquer les billes de l'autre. Le véritable progrès c'est de réfléchir à des règles communes grâce auxquelles nous aurions tous un rôle positif à jouer, enrichissant pour nous-même et pour la collectivité.

Demain, je reviendrai sur un point d'histoire que l'excellent Olivier AUBER a un peu déformé...Mais je salue encore une fois la qualité de ses propos, qui nous prouve, s'il en était besoin, l'intérêt de la libre parole sur le Net – formidable outil avec lequel nous pouvons dépasser les discours médiatiques convenus.

Christian LAVIGNE, cybersculpteur.

Christian LAVIGNE

Comme promis, la suite de mes réflexions sur l'article d'Olivier AUBER. Abordons brièvement deux points d'histoire.
La vogue actuelle de Second Life est sans doute la manifestation la plus nette du succès médiatique, de la réussite des "attachés de presse" – volontaires ou involontaires - du système capitaliste le plus débridé. Il faudrait avoir une mémoire vraiment courte pour ne pas se souvenir que l'origine de cet univers parallèle est celui d'ActiveWorlds (http://www.activeworlds.com/), toujours en fonction, avec des centaines de mondes virtuels, dans lequel certes il faut acheter sa place si l'on veut construire quelque chose, mais qui ne possède ni monnaie ni système de transactions financières. Est-ce donc pour cela qu'en France les gens qui se disent de Gauche ont négligé ActiveWorlds (ouvert depuis 1996) et se sont précipités dans Second Life ? Ironique paradoxe. Mais la médiocrité n'est ni de Gauche ni de Droite, elle est également partagée, et nous sommes certains maintenant que le "virtuel" qu'on nous propose (qu'on nous impose ?) est bien le miroir navrant de la triste réalité. Quant au système acentré VReng, on se demande bien qui lui fait de la publicité: même l'ENST parait fort discrète à ce sujet. Amnésie, engouement irréfléchi, culte de la mode, manque de volonté... ce ne sont pas des atouts fameux !
A la fin de son article, Olivier AUBER insiste sur la nécessité politique d'une "invention majeure, analogue à la « perspective spatiale », qui marqua le passage du monde hiérarchisé du Moyen Age à celui, géométrisé, de la Renaissance" (sic). Le terme exact est "perspective centrale", effectivement découverte (ou redécouverte) à la Renaissance, mais surtout mise en théorie dans le cadre d'une vision nouvelle de l'Homme et de la Nature. Contrairement à ce que laisse entendre Olivier AUBER, cette révolution des mentalités ne cherche absolument pas l'abolition des hiérarchies, mais tente de reconstruire le monde selon un modèle de permutations successives d'où il ressort qu'au final, comme l'a brillamment démontré, entre autres, Derrick De KERCKHOVE, l'Homme prend la place de Dieu, exactement au "point de fuite" de cette nouvelle perspective. De KERCKHOVE avait particulièrement étudié la composition des décors de théâtre (c'est-à-dire la mise en scène du monde), qui à partir de cette époque ne pouvaient être pleinement appréciés que du "point de vue" du roi ou du prince situé dans un axe bien défini. Par ailleurs, nous savons, grâce aux travaux de Rudolf WITTKOWER, que la Renaissance, "détail" méconnu du grand public, est le moment exact où les artistes revendiquent, avec succès mais non sans batailles, un statut d'intellectuel. Il y a donc là en substance une volonté de bouleversement profond des hiérarchies, accompagnant une nouvelle "imago mundi" tour à tour inquiétée et confortée par la découverte d'horizons inconnus.
Sans connaître Olivier AUBER, j'appelle de mon côté, depuis bien des années, à une "Nouvelle Renaissance", ayant expérimenté par des réalisation concrètes tout l'intérêt du "Nouvel Atelier" – l'atelier numérique où se retrouvent chercheurs, artistes, ingénieurs, industriels.
Il appartient effectivement aux politiques d'ouvrir les yeux sur cette opportunité magnifique, et d'encourager la collaboration des talents dans une perspective commune de progrès, qui cette fois ne se construira plus sur un centre mais sur un réseau.

Christian LAVIGNE, cybersculpteur.

Vincent Benard

Curieux, ce texte d'Olivier, dont je saisis mal la vision de base, et qui semble attirer mon attention sur des dangers qui me paraissent plus fantasmés que palpables – du « Jeanneney » bis. En tant que libéral, tendances ultra parfaitement assumées, voilà ce que tout cela m'inspire.

Nous sommes d'accord pour observer que les principales révolutions en cours dans l'Internet, depuis ses débuts à nos jours, sont massivement le fait de sociétés américaines, et ce n'est pas être pro-américain que de le dire.

En revanche, l'extraordinaire capacité d'acteurs à apparaître de nulle part, à mobiliser rapidement des fonds de croissance puis à devenir des acteurs majeurs de l'économie numérique, n'est pas le signe d'une concentration mais au contraire d'une extraordinaire volatilité des positions acquises. Le monopole d'IBM sur l'informatique, c'était il y a seulement 30 Ans. Il y a dix ans, tout le monde ne jurait que par Microsoft. Demain, Google Docs et une nuée de logiciels en ligne vont saper son monopole sur la bureautique plus sûrement encore que l'expansion du logiciel libre.

Et google, qui n'existait pas il y a 8 ans... A l'époque, on ne parlait que d'Altavista (qui s'en rappelle, de ceux là ?) et yahoo. Faut il s'inquiéter de la naissance de ce géant ? Tant qu'aucune barrière à l'entrée n'existe sur le marché des applications web, rien à redouter. Si google conserve une position dominante sur le marché, c'est que l'utilisateur le veut bien. Si des compétiteurs lui jouent dans le futur le bon tour qu'elle a joué aux autres il y a quelques années, alors google perdra de sa superbe, mais le consommateur aura choisi des offres plus intéressantes. Où est le problème ?

Le problème est que celui qui détrônera google sera sans doute américain, à moins qu'il soit indien, ou peut être chinois ? Mais certainement pas européen, et encore moins français. Pourquoi ? Les raisons n'en sont pas techniques, car nous sommes capables de former une élite technologique de qualité: le nombre d'ingénieurs français dans les grandes entreprises de NTIC est significatif. Le problème est d'abord économique et législatif: des impositions marginales qui dissuadent les créateurs potentiels de richesse, la taxation excessive du travail qui donne à la structure des salaires de nos entreprises un caractère plat qui incite les meilleurs à tenter leur chance ailleurs, un poids de l'administration qui oblige à détourner une trop grande part de nos ressources financières et chronologiques vers des structures inefficientes.

Ajoutons un refus de nos universités de reconnaître leurs faiblesses et d'adopter des solutions qui ont fait leurs preuves ailleurs: liaison avec les entreprises, partenariats publics privés, compétition entre diplômes, écrémage des mauvais chercheurs pour pouvoir payer les bons au salaire qu'ils méritent... La force des USA est d'arriver, malgré le coût parfaitement visible des études (chez nous, la gratuité est factice, nous payons les études des futurs cadres avec les impôts de tous, y compris des plus démunis: où est la justice ?), à attirer les meilleurs étudiants (par des systèmes de bourses bien rodés), à leur offrir des conditions de recherche incomparables, et à leur permettre de convertir ces recherches en recettes sonnantes et trébuchantes... Larry Page et Sergei Brin ont commencé leur aventure à Stanford. Google finance, grâce à l'argent gagné, des programmes de recherche internes, mais aussi des programmes en partenariat avec les meilleurs labos universitaires US. Les universités US, depuis qu'elles ont le droit de commercialiser leurs brevets, engrange des liquidités qui leur permettent d'entretenir un cercle vertueux de l'innovation.

Bref, c'est la capacité de l'économie américaine de financer une recherche de qualité et de transformer ses découvertes en revenus qui permet d'enchaîner les créations de success stories façon google. Alors, au lieu de nous plaindre que le barycentre du monde soit a Palo Alto, libéralisons nos économies, laissons faire nos cerveaux, arrêtons de les racketter fiscalement et de les brider par des conneries telles que le principe de précaution et autres bovismes, et le monde se rééquilibrera quelque part entre Stanford, Bengalore et Tallin. A moins que les US ne conservent leur pôle d'excellence dans les NTIC et que nous en développions d'autres. Ce qu'il y a de bien avec la liberté (limitée par la responsabilité, of course), c'est qu'on ne sait pas vers quels chemins elle nous mène, mais on sait que la prospérité est au bout. Elle est comme ces femmes irremplaçables qui nous surprennent constamment...

Que l'internet du futur soit basé sur des serveurs centrés ou a-centrés ne m'émeut guère: en tant qu'utilisateur, je m'en fiche, et les craintes selon lesquelles Google pourrait utiliser sa puissance pour nous nuire relèvent selon moi du phantasme: pourquoi Google voudrait-il nuire à la poule aux oeufs d'or ? Et s'il le fait, alors il doit être condamné, y compris à des dommages punitifs très lourds, les sociétés de production de Tabac savent de quoi il peut s'agir. Hélas en France, la loi empêche de trop indemniser des victimes d'agissements coupables, ce qui permet aux entreprises relativement protégées par des oligopoles légaux de commettre de petits larcins répétés vis à vis de leurs clients qui ont du mal à porter plainte pour quelques euros... Le fait que Google soit américain et non français constitue de ce point de vue une meilleure garantie que mes droits seront respectés par le géant, même si cette garantie n'est pas absolue, je l'accorde.

Bref, je ne vois pas pourquoi l'état devrait être partie prenante d'un réseau bâti selon des préceptes a-centrés, au motif que cela irait contre le modèle dominant de Google. (De toute façon, la lutte est perdue d'avance, la déconfiture de Quaero en est la démonstration cinglante).

Si des applications nouvelles du P2P ou de toute autre innovation décentrée apparaissent et s'imposent d'elles mêmes, tant mieux. Si le modèle très centralisé de google s'impose, tant mieux aussi, tant que la compétition est ouverte à de nouveaux entrants.

En revanche, que le gouvernement français rende difficile l'usage du P2P au motif que certains de ses usages constituent du vol est aussi stupide q'une interdiction du téléphone parce qu'il sert à préparer des braquages. Nous privons nos créateurs de valeur d'opportunités de développement de nouveaux services à fort potentiel. Décidément, toute intervention gouvernementale est vouée à engendrer plus d'effets pervers qu'à ne résoudre de problèmes. Accord avec Olivier en la matière, donc.

Je lis la phrase trop souvent vue par ailleurs « Il faut soutenir... ». comprendre: le gouvernement doit appauvrir les contribuables pour financer tel ou tel secteur d'activité dont certains jugent qu'il est plus important que d'autre. Il faut en finir avec cette logique. Il est inutile de soutenir le logiciel libre avec de l'argent public: les grands groupes de services informatique ont intérêt à le faire, afin de réduire la facture logicielle de leur clients, et donc de pouvoir leur facturer plus de main d'oeuvre. Joel Spolsky explique cela mieux que moi:

http://www.joelonsoftware.com/articles/StrategyLetterV.html

L'innovation logicielle naît aussi bien d'initiatives libres que d'initiatives fermées, ce n'est pas la nature libre ou non libre d'un logiciel qui fait sa valeur, mais sa capacité à rendre les meilleurs services au meilleur TCO. Il existe d'excellentes raisons de transformer en « commodité logicielle » certains pans de l'offre actuelle, mais subventionner (ou privilégier réglementairement) une alternative aux dépends d'une autre revient à désavantager les acteurs qui font le choix d'un certain modèle économique au détriment d'autres. L'état (français, européen...) doit seulement veiller à ce que la concurrence entre les deux modèles (voire plus) reste effective, notamment en restreignant considérablement la possibilité de déposer des brevets logiciels sur tout et n'importe quoi comme cela est le cas actuellement.

Plus généralement, à tout soutien son prélèvement: ce qui ira dans la poche de mon développeur de logiciel libre n'ira pas dans celle de mon boulanger. Et j'ai la faiblesse de croire que chaque français doit être libre de choisir de soutenir la création logicielle libre ou de se gaver de croissants, selon son bon désir. Soutenir une activité privée, quelle qu'elle soit, avec de l'argent pris au contribuable, c'est restreindre la liberté du contribuable au profit de groupes d'intérêts à bonnes connexions politiques.

Si des développeurs, pour quelque raison que ce soit, trouvent intérêt à développer des logiciels libres, tant mieux. Mais n'ajoutons pas à la structure d'incitation qui les anime la perspective de piocher dans mes poches. Leur décision doit produire ses effets positifs par elle même sans qu'il soit fait appel au portefeuille de Mme Michu à son corps défendant.

Ajoutons que du fait des frais de gestions inhérents à tout transfert bureaucratique, il apparaît que tout prélèvement public a toutes les chances de créer moins d'activité que si le même montant avait été laissé à la discrétion du contribuable.

Alors par pitié, pas de soutien financier public direct au logiciel libre, pas plus que pour le pain ou les aspirateurs.

En ce qui concerne l'exploitation de la donnée publique, je suis en phase avec Olivier. Tout ce qui est financé avec de l'argent public, et uniquempent avec cet argent, doit être librement disponible. Mais personne ne doit être empêché d'ajouter une valeur marchande à cette production « gratuite » (prépayée par une majorité de gens qui n'en n'ont pas conscience serait plus juste). Le problème de l'IGN est qu'il se situe au milieu de ces deux philosophies: mi privé par la vente de carte (il s'agit bien d'un service marchant, que l'acheteur soit public ne change rien à l'affaire), mi public par son budget. Une séparation claire devrait être faite entre un pôle public produisant de la donnée géographique, et des pôles privés concurrentiels qui, pour vivre, doivent ajouter de la valeur aux données publiques. Et naturellement, toute donnée géolocalisée ou non produite par des administrations doit être accessible à tous et réutilisable par tout offreur de valeur ajoutée.

J'ajoute que rien ne doit interdire à un opérateur privé de concurrencer l'offre publique sans la réutiliser. Si une IGN privée arrive à faire mieux que l'IGN sans utiliser les données libres de l'IGN, et si les clients préfèrent payer les données de cette société plutôt que celles de l'IGN, alors il vaudra mieux fermer l'IGN que protéger le monopole public. Le business créé par l'activité privée permettra aux personnels de retrouver un bon job dans leur domaine de compétence.

Quant à l'avenir du réseau... Moins les gouvernements s'en occuperont, au delà de leur stricte missions du respect des libertés et droits de propriété de chacun, et mieux cela vaudra. Que les candidats à l'Elysée s'expriment sur le sujet ne peut qu'inquiéter: vers quelle nouvelle gabegie, quelle nouvelle loi stupide, allons nous ?

« Quel projet politique peut-on formuler pour le réseau des réseaux? »: AU-CUN. La nature décentralisée de l'engin permet à des millions d'individus d'y développer des projets personnels, c'est tout ce qui compte. Que le politique, pour une fois, nous foute la paix. Quelle manie française à la con que de vouloir tout « politiser » !

« Il s'agit (...) de permettre aux communautés humaines de se former et d'échanger comme elles l'entendent » : Mais c'est déjà le cas, grâce à Internet, et de préférence sans les états ! Sauf dans les pays autoritaires : Le seul projet qui vaille est donc de laisser l'internet libre, et notamment libre de briser les murailles que des oppresseurs dressent encore contre leurs peuples. Et donc de laisser tous les google, kazaa, meetic et typepad du monde faire leur business.

// apparté : Je n'idéalise pas le comportement des sociétés privées, celles ci sont sujettes à des dérives importantes, même si les dérives des états totalitaires sont bien plus redoutables. Les sociétés qui, pour s'ouvrir les portes du marché Chinois, jouent les délateurs auprès de la police de ce pays, devraient pouvoir être poursuivies. Parce qu'il n'y a pas de possibilité d'obtenir des dommages punitifs de yahoo pour les chinois emprisonnés sur dénonciation par cette société, ces sociétés se comportent parfois en complices des tortionnaires. Si une gouvernance mondiale ne m'agrée guère, un espace judiciaire civil mondial, fondé sur la défense des droits de l'homme version 1789 éventuellement encore clarifiés dans un sens encore plus libéral, serait une évolution intéressante des institutions internationales.//

Nadi Bou-Hanna

L'article est fort pertinent, mais attention à la généralisation concernant l'approche de l'Etat à l'égard du logiciel libre. Le constat effectué s'appliquait il y a encore 2 ans, l'Etat comme les entreprises utilisant le logiciel libre sans nécessairement prendre à leur charge une partie de l'effort. Mais les choses changent.

Un simple exemple : le ministère des Affaires Etrangères est co-réalisateur et co-animateur d'un atelier de développement web 2.0, dénommé ACube, et disponible librement sous licence CECILL sur la forge publique Admisource.
http://admisource.gouv.fr/projects/acube

Outre son avance technologique notable, cet atelier est à ma connaissance le seul au monde à être entièrement réalisé et géré en langue française, et peut permettre à d'excellents analystes, architectes, développeurs de faire leur métier dans leur langue natale.

ACube est un exemple parmi d'autres. De nombreux projets voient le jour, réalisés ou co-financés par les ministères ou les collectivités locales, et font l'objet d'un reversement à la communauté.
Contribution directe, co-financement, mais aussi effort de communication et animation de communauté. Les ingrédients sont bien là pour assumer une véritable stratégie du logiciel libre, qui mêle innovation, productivité, efficience économique et promotion de la langue française. Tout un programme ... politique !

Christian LAVIGNE

ATTENTION A TOUS !!!
Le commentaire daté de "mars 24, 2007 à 07:35 AM" signé de mon nom n'est ABSOLUMENT PAS DE MOI.
Je trouve inadmissible cette usurpation d'identité, et je me demande surtout comment elle a pu techniquement se produire.
Que l'auteur de ces lignes veuille bien se présenter à visage découvert, si c'est compatible avec le libéralisme outrancier dont il se réclame.
Christian LAVIGNE, 2 avril 2007.

Pierre de La Coste

Les commentaires sont signés en bas et non pas en haut, je vais essayer de clarifier la présentation... d'ici ce soir.

Vincent Benard

je parie que je peux attendre longtemps que M. Lavigne admette sa méprise (et qu'il remarque que j'ai effectivement signé mon post, avec lien de surcroit...). Ah, ces artistes, toujours dans la lune.

Libéralisme "outrancier": non, cohérent, pragmatique, réaliste...

@Nadi: Etes vous aboslument certain que l'argent du contribuable dépensé dans un projet peut être fort passionnant mais pas franchement "mainstream" n'aurait pas été mieux employé ailleurs? Les gens qui justifient leur salaire par de tels projets avec MON argent accomplissent ils réellement ce pour quoi la république finance leur ministère ? Est-ce le boulot du MAE de faire une concurrence assez déloyale aux sociétés de software ? Sur quel critère concret vous basez vous pour affirmer que de tels programmes sont "économiquement efficients" ? quelqu'un s'est il seulement préoccupé d'en chiffrer le coût global ?

Je n'ai rien contre le logiciel libre lorsqu'il est financé par le temps que des individus libres y consacrent, ou lorsque des sociétés de service trouvent utile de transformer en "commodité" une ressource qui leur permet de vendre d'autres prestations. Choix privé, temps privé, argent privé, chacun est libre.

Mais le financement d'ateliers logiciels "special geeks", ou de tout autre logiciel d'ailleurs, fussent ils open source, par le contribuable, EST UN VERITABLE SCANDALE. Si le projet dont vous parlez a un intérêt pour ses utilisateurs, alors ils auraient sans doute été prêts à le payer. En transférant la charge du financement sur le contribuable, on permet aux utilisateurs de bénéficier d'un effet d'aubaine avec un argent qui aurait été bien mieux utilisé par moi et 40 millions de mes frères contribuables - qui se tamponnent le coquillard d'Acube- si on l'avait laissé dans leur poche. Et le financement du contribuable crée une concurrence parfaitement déloyale à des produits concurrents commerciaux (les ateliers de dev 2.0 ne sont pas une nouveauté que je sache, une offre publique supplémentaire se justifie t elle, quelles que soient les qualités du produit par ailleurs ? )

Mais quand arrêtera t on de vouloir payer les joujous des uns et des autres avec l'argent des contribuables en prenant des prétextes totalement fallacieux pour le justifier ?

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par rapport au sujet de départ

A noter: lu dans les échos, vendredi: c'est à partir du moment où les universités US (publiques comme privées) ont eu le droit de breveter et de commercialiser leurs découvertes (1981) qu'elles sont redevenues le creuset de l'innovation technologique mondiale. Les ressources ainsi dégagées alimentent un cercle vertueux d'innovation AUTO FINANCEES.

Bref, les universités US, un temps distancées par leurs concurrentes allemandes et japonaises, sont revenues dans la course en abandonnant le modèle des "biens communs"...

Jean-Paul Droz

Concentration capitalistique ou concentration d'intelligence? Palo Alto a été cité. Rappelons simplement que les Microsoft, Google et quelques centaines d'autres sont nés à Stanford. Avec une équation simple: Stanford+PME+énergie individuelle=innovation.
Losqu'on voit l'usine à gaz déployée par la BNF pour contrer Google, on peut mourir de rire.
Transformons réellement les universités, intégrons-y les centres de recherche, donnons leurs leur indépendance (surtout financière)et les entreprises du Web3.0 seront françaises (voire, j'espère, européenne).

Nadi Bou Hanna

@Vincent : la caricature "Etat=gaspilleur, rendez l'argent à ma boulangère" ne fait pas avancer le débat.

Le Ministère des Affaires Etrangères EST le premier utilisateur d'Acube, la plupart de ses nouvelles applications informatiques "mainstream", comme vous dites, étant désormais développées avec cette plate-forme. Le gain de productivité, mesuré sur plusieurs projets, est substanciel. Le ministère contribue, comme d'autres, à la pérennisation et le maintien à niveau de cette plate-forme. Il ne s'agit pas d'une offre publique, il s'agit d'un effort conjoint public-privé, qui plus est le seul en langue française.

Mais plutôt que le faire en propre, comme le ferait un client d'une suite propriétaire, le Ministère reverse les développements à la communauté qui s'est constituée autour d'ACube. Le contribuable que je suis est ravi de savoir que les services publics ne paieront qu'une seule fois l'effort, et pas chacun à leur tour, et que les efforts financés par d'autres servent également au secteur public sans surcoût.

Pour revenir au débat de fond : logiciels libres et concurrence ne sont pas incompatibles : "le libre" n'est pas la GPL, quoi qu'en disent les puristes.
Il y a une vraie logique économique à se regrouper pour réduire les coûts (biens communs) sans pour autant mettre en commun les produits. D'autres ont appelé cela la coopétition.

Tanguy Le Masne de Chermont

Il y a en effet une dichotomie importante d’appropriation qui existe entre la réflexion des usages de l’Internet et de la réflexion autour l’outil qu’il représente.

Cette dichotomie représente la frontière de la réflexion entre le monde politique qui se positionne sur « les enjeux de l’usage » et le monde scientifique et des entreprises plutôt sur « les enjeux de société»

Les enjeux de l’usage
« Les hommes politiques français dans leur ensemble n’ont pas encore compris les enjeux d’Internet, car leur pratique du réseau est en retard sur celle de la société civile et de nos voisins. » (Jean-Dominique Giuliani - Le Monde, 7 mars 2003) Alors que Tony Blair venait de faire campagne en 1997 sur le potentiel des nouvelles technologies, Lionel Jospin arrivait au pouvoir en juin 1997, et découvrait qu’il n’y avait que 5 ordinateurs à Matignon. Le Monde rapporte que lorsque Jacques Chirac a été élu à la Présidence de la République, il ne savait pas ce qu’était une souris d’ordinateur (Voir www.mediateur@lemonde.fr,12 avril 2000.)

Dans le « COMPTE RENDU DE L’AUDITION PUBLIQUE DU 8 DECEMBRE 2005 » et plus précisément dans « l’Ouverture par M. Claude BIRRAUX, Député de Haute-Savoie, Premier Vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques », l’accent est mis sur : « La réduction de la fracture numérique, la diversité culturelle, la liberté d’expression, le développement de l’économie numérique, la nécessité de préserver le caractère universel d’Internet, mais aussi la protection des mineurs, la lutte contre le racisme, contre la criminalité, le terrorisme, le piratage dans le cyberespace, la sécurité des transactions, ou la protection des données personnelles constituent des sujets au moins aussi intéressants. »

La problématique est donc bien accentuée ici sur l’usage. D’ailleurs, les différents débats autour de l’élection présidentielle appréhendent bien Internet comme un outil de communication. Il faut le maîtriser car c’est une source de diffusion qui va de l’émetteur au lecteur supprimant de fait la « transmission » de cette information. Le schéma traditionnelle de communication de Shannon et Weaver simplifié à l’extrême. Bref, une réappropriation de BtoB (Business to Business) en PtoP (Politique to Politique), où chaque politique y développe sa communication : annonce des vœux, création de blogs, gestion de format vidéo etc. sans interférence. Le message que j’affiche, que j’envoie est bien celui que je veux. J’ai un contact direct avec mon interlocuteur, et en plus il peut réagir en direct à ce que je dis.

J’enverrai prochainement la partie des enjeux de société tels que je les perçois, notamment par rapport aux éléments suivants :
· La prédominance de la langue : le construit social
· L’existence de la recherche : sa visibilité, ses échanges source du construit, de la structuration sociale
· La sécurité : protection des données, du savoir, des échanges
· L’économie : vers un monde libéral, présence de l’état, son positionnement
· Le lien social : vers un nouveau construit social

Peut être certains d’entre vous ont déjà produit sur ces questions ? Votre réflexion m’intéresse

Bien sincèrement
Tanguy Le Masne de Chermont

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